Resources and synergies development

Yangambi : la centrale de cogénération biomasse passe à 5 unités

Au cœur de la forêt équatoriale, le bois des plantations voisines alimente désormais une centrale qui fournit électricité et chaleur au site de recherche de l’INERA. Réalisée dans le cadre des projets Forêts, financés par l’Union européenne via le CIFOR, elle est l’aboutissement de plusieurs années d’engagement de R&SD.
Des premières études à la mise en service, nous avons porté le projet tout au long de son développement : aménagement du site et travaux de génie civil, puis installation des deux premières unités en 2023, avec l’appui de la société Energy&+.
Pour la Phase 2, R&SD a réuni une équipe pluridisciplinaire d’ingénieurs afin d’intégrer les trois nouvelles unités à l’installation existante..

Pourquoi la biomasse ? Les études de R&SD ont montré que, dans le contexte de Yangambi, elle offrait le meilleur bilan social et environnemental. Contrairement au solaire, elle produit jour et nuit, toute l’année, et elle a été choisie pour créer des emplois locaux, de la plantation des arbres à l’exploitation de la centrale. Les plantations destinées à l’alimenter, conduites en partie en agroforesterie, devaient stocker du carbone et préserver la réserve forestière du déboisement. En attendant leur maturité, la centrale valorise le bois issu de l’entretien des anciennes plantations de l’INERA. Enfin, elle fournit à la fois électricité et chaleur : la première pour développer de nouvelles activités, la seconde pour sécher le bois des menuiseries, les céréales destinées à la farine ou le poisson, pour une meilleure conservation.

Le fonctionnement de la centrale suit le chemin du bois. Broyé en plaquettes sur place, il est acheminé par les convoyeurs modulaires d’AL Industries vers les séchoirs SPANNER Re², qui utilisent la chaleur de la centrale pour l’assécher. Les plaquettes alimentent ensuite les unités de cogénération HKA70, conçues par SPANNER Re² (Allemagne) : un gazéificateur y transforme le bois en gaz, qui fait tourner un moteur couplé à une génératrice, tandis que la chaleur du moteur est récupérée. Le procédé laisse un résidu, le biochar, qui peut servir à enrichir les sols de la région. L’électricité produite est gérée par l’armoire de gestion de la puissance conçue par GKEE SASU, en lien avec le système de stockage par batteries d’ENTECH Smart Energies.

Le chantier a été à la mesure du lieu. Les containers transportant les nouvelles unités et leurs équipements ont remonté le fleuve Congo par barge jusqu’à Yangambi. Au printemps 2026, entre orages tropicaux et fortes chaleurs, ingénieurs, techniciens et artisans locaux, soudeurs, électriciens et maçons, ont travaillé côte à côte pour raccorder, câbler et mettre en service ces unités. Après leur validation par le constructeur, les cinq unités de la centrale étaient pleinement opérationnelles le 30 juin 2026, date de clôture de notre mission. L’exploitation a ensuite été confiée au CIFOR.